Courants marins de profondeur
CLIMATOLOGIE
Les courants profonds naissent des variations de température et de densité de l’eau. La circulation thermohaline, souvent comparée à un "tapis roulant", désigne ces flux qui parcourent les bassins océaniques sous l’effet des différences de densité. Invisibles en surface, ils s’apparentent à de véritables "rivières sous-marines".
La circulation thermohaline : un "tapis roulant" océanique
Aujourd’hui, ces courants sont surveillés grâce au réseau de capteurs sous-marins dérivants ARGO, qui permet de mieux comprendre leurs dynamiques. Les techniques de mesure, au-delà du réseau ARGO, et les modèles numériques sont essentiels pour étudier et prédire ces courants.
Certaines régions océaniques présentent des mouvements verticaux marqués, avec des courants ascendants ("upwellings") et descendants influençant la répartition des masses d’eau et des nutriments.
Origine et mécanismes
- Les vents cessent d’influencer l’océan au-delà de 800 mètres de profondeur et ne peuvent donc pas être à l’origine des circulations océaniques profondes. Ces courants résultent principalement des variations de température (l’eau froide étant plus dense que l’eau chaude) et de salinité (l’eau salée étant plus dense que l’eau douce) entre les différentes couches de l’océan.
- Les flux les plus profonds sont appelés courants thermohalins, tandis que ceux de moindre profondeur relèvent de la circulation thermohaline. En surface, l’évaporation augmente la salinité de l’eau, ce qui accroît sa densité. En hiver, lors de la formation de la banquise, le sel rejeté par la glace accentue encore cet effet, rendant l’eau non gelée si dense qu’elle plonge vers les profondeurs.
- Les courants de surface et les courants profonds sont interconnectés, formant un vaste système de transport océanique souvent comparé à un "tapis roulant" (conveyor belt). Ce mécanisme assure un déplacement des eaux profondes de l’Atlantique vers le Pacifique, avant leur remontée en surface.
Courants océaniques et régulation du climat
Grâce à sa grande capacité thermique, l’océan agit comme un régulateur climatique majeur. Son inertie thermique, bien supérieure à celle de l’air, atténue les variations saisonnières de température. Ainsi, les courants chauds en surface réchauffent certaines régions, tandis que la remontée d’eaux froides tempère les zones équatoriales. Enfin, les interactions entre l'océan et l'atmosphère, comme le phénomène El Niño, influencent profondément les courants et le climat mondial.
Cependant, cette circulation demeure encore mal comprise, car elle est difficile à mesurer directement. Il est important de noter que la circulation thermohaline est un système complexe impliquant différents bassins océaniques, chacun jouant un rôle spécifique.
L'AMOC et son importance climatique
Par exemple, l'Atlantique Nord est crucial pour la formation d'eau profonde. De plus, l'AMOC (Circulation méridienne de retournement de l'Atlantique) est un élément essentiel de cette circulation, régulant le climat mondial, mais son ralentissement suscite des inquiétudes.
Écosystèmes marins : l'importance des upwellings
Les courants océaniques jouent un rôle vital dans la distribution des nutriments et soutiennent les écosystèmes marins. Les upwellings, par exemple, favorisent la productivité biologique en ramenant des nutriments essentiels à la surface
Changement climatique et courants océaniques
Le changement climatique a un impact significatif sur ces courants. Le réchauffement des eaux et la fonte des glaces polaires modifient la salinité et la température, ce qui peut perturber la circulation thermohaline avec des conséquences potentielles sur les régimes climatiques régionaux.
Quoi qu’il en soit, l’océan joue un rôle clé dans la régulation climatique en redistribuant la chaleur entre l’équateur et les pôles, à l’instar de l’atmosphère.